Interview - The roadtrippers, deux nomades digitaux traversent le Canada en vanPierre et Camille sont deux bretons de 27 ans, de grands passionnés de voyage et d’aventure. Au début de cette année 2017, ils ont pris la décision de quitter leur CDI et la petite vie bien confortable qu’ils avaient en Autriche pour la meilleure des raisons : Réaliser leurs rêves ! Découvrir les grands espaces du Canada à bord d’un van. Aujourd’hui, je vous emmène découvrir leurs aventures via cette interview des Roadtrippers.

 

Interview – The roadtrippers, deux nomades digitaux traversent le Canada en van

Pourquoi avoir choisi le PVT pour vous lancer dans cette aventure ?

En toute honnêteté, le PVT n’a pas vraiment été un choix, mais plus une opportunité. Après deux ans d’expatriation pour Camille et une année pour moi, nous avions besoin de changement et de nouveaux horizons. C’est un peu par hasard que nous avions appris que la saison des invitations PVT commençait, mais on savait également que contrairement à une autre destination, le tirage au sort était plutôt rude. Et si nous faisions tous les deux une demande, rien ne garantissait que nous recevions tous les deux une lettre d’invitation ! Nous préférions partir avec un PVT pour ce projet plutôt qu’un simple visa touristique : la durée est bien plus importante, et surtout il nous offrait la possibilité d’y travailler au besoin.

Donc on s’est donc dit : vivre au Canada, c’est un de nos rêves, mais si ce n’est pas ça, alors cela sera autre chose. Justement, l’entreprise autrichienne pour laquelle nous travaillions, possédait une succursale à Shanghai. On a donc surveillé ces deux demandes parallèles, en se disant que le destin choisirait pour nous. En recevant tous deux notre lettre d’introduction, c’était maintenant ou jamais !

Traverser le Canada en van - Être Digital nomade - Nomades digitaux

 

Vous découvrez le Canada en van, pourquoi avoir opté pour le van plutôt que la voiture, en stop, ou autre ? Que vous apporte le fait de voyager avec un van ?

En deux mots : la liberté et le confort !

Vivre en van, c’est un peu comme faire du camping mais en allant plus vite qu’à pied et avec plus de confort. Le vanlife nous a toujours fait rêver. Nous avons grandi entourés de ces représentations hippies qui ont bercées notre enfance : un camion aménagé arpentant la côte de l’Amérique du Nord, une planche de surf sur le toit, des rencontres et des apéros au bord de la mer.

C’est probablement possible aussi en voiture ou en stop, mais le van possède une aura romantique que ces deux autres n’ont pas. Après, c’est certain : chaque moyen de transport a ses avantages aussi. La voiture offre une certaine discrétion et un côté passe-partout, tandis que le plus gros point positif du stop, c’est le lien social !

Voyager en van, c’est un peu comme vouloir rendre hommage aux bonnes vieilles années 70. C’est très probablement pour cette raison que nous avons été séduits par l’aspect vintage de notre Dodge Ram Van de 1985 !

Et il y a une autre raison aussi : nous cherchons un mode de vie durable. Notre plus grand rêve est de pouvoir faire de notre vie, un voyage. Pour ça, opter pour une maison mobile avec des besoins réduits au strict nécessaire, nous correspond tout à fait !

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Trouvez-vous facilement des emplacements pour votre van ? N’est-il pas trop difficile de se déplacer avec un van ?

Oui et non. C’est vrai que par moment, nous envions la flexibilité offerte par une voiture. Trouver des spots peut être un véritable challenge – d’autant que nous nous efforçons de trouver uniquement des emplacements gratuits, pour réduire les frais de voyage.

Dans certaines provinces, c’est super facile. À Terre-Neuve par exemple, beaucoup d’endroits naturels sont ouverts aux vans aménagés (le camping peut même être encouragé) ! Par contre, nous avons eu énormément de mal à trouver des endroits pour se garer la nuit, à Jasper et à Banff.

D’abord parce qu’il est interdit de dormir dans son véhicule dans un Parc National du Canada (ces villes sont situées à l’intérieur d’un parc) et ensuite parce que ces villages touristiques ont une politique très stricte en la matière – pour éviter les dérives.

Pour ceux qui sont intéressés, nous avons fait une liste de 10 idées pratiques pour se garer gratuitement au Canada !

Concernant les déplacements, mise à part les premiers jours où nous avons dû nous habituer à la boite automatique et à la prise au vent du véhicule : on s’y est vite fait !

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Vous êtes digitals nomads. Pour ceux qui ne le savent pas, pouvez-vous expliquer le digital nomadisme en quelques mots ?

Il y a très certainement beaucoup de définitions différentes ! Pour nous, le digital nomad (appelé encore nomade digital ou même nomade numérique), est un individu à son compte, travaillant grâce  à internet et aux technologies numériques, et surtout : mobile ! À la différence d’un emploi traditionnel qui se passe jour après jour au même endroit, notre environnement de travail, lui, change au gré de nos envies. Un mode de vie plutôt pratique, pour quelqu’un qui aime voyager et déteste la routine, donc !

 

Pourquoi avoir franchi le pas du digital nomadisme ? Quel est votre statut actuellement ?

Finalement, ça s’est fait assez naturellement pour nous. Malgré notre démission, l’entreprise autrichienne avait toujours besoin de nous. Il n’a donc pas fallu grand chose pour la convaincre d’une nouvelle organisation !

De retour en France, nous nous sommes mis tous les deux en micro-entrepreneur, profession libérale (statut anciennement appelé auto-entrepreneur). Les démarches sont relativement simples : tout se fait via internet. La seule chose à prendre en compte pour quelqu’un qui souhaiterait s’y mettre aussi : une adresse fiscale française est obligatoire. Merci l’adresse parentale ! Sans ce statut : impossible d’émettre de factures.

Pour nous, le digital nomadisme représente la clé pour de nombreuses choses. Devenir son propre patron, s’investir dans ses propres projets personnels plutôt que dans ceux de quelqu’un d’autre, pouvoir organiser son temps comme on le souhaite, et surtout (surtout !) : voyager à plein temps ! Aujourd’hui nous sommes au Canada, mais demain rien ne nous empêche de vivre en Chine – du moins tant que la connexion internet est bonne !

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Comment vivez-vous cet aspect du digital nomadisme mélangeant à la fois le travail et le voyage ? Est-ce compliqué ? Pas trop difficile de trouver de l’électricité et du wifi ?

Nous adorons ! Sérieusement, c’est exactement ce dont nous avions besoin. Être indépendant est tellement valorisant ! Pour la première fois depuis la fin de nos études, nous travaillons pour nous. Non seulement nous décidons nous-même de nos horaires de travail et de notre organisation, mais en plus nous ne sommes plus limités à un seul pays, une seule ville, une seule entreprise.

Cela dit, tout n’est pas toujours facile. En premier lieu, une bonne organisation est cruciale. Il faut aussi une bonne dose de discipline pour se fixer une mini-routine. Dans notre cas : nous travaillons toute la journée du lundi et du mardi ! Notre itinéraire doit donc entièrement intégrer cette dimension. Par exemple, nous ne pouvons pas nous dire : « Aller, nous allons au Nunavut pour deux semaines » . Ni même organiser de randonnée sur une semaine entière. Lundi et mardi, c’est boulot et rien d’autre !

Et puis il y a aussi la technologie : nous sommes entièrement dépendants d’internet et de nos ordinateurs sur ces deux journées. Plus concrètement, dès le samedi et au plus tard le dimanche, nous devons savoir dans quelle ville nous allons nous rendre pour travailler. Les Tim Hortons sont parfaits pour ça ! Non seulement, ils sont indifférents du temps qu’on passera dans leurs locaux, mais en plus ces cafés sont généralement équipés de prises électriques – et d’internet !

Nous avons l’électricité dans notre van grâce à des panneaux solaires et un abonnement internet, mais rien de suffisant pour travailler 10h par jour… à deux !

Autrement, il y a les bibliothèques, lorsque la ville est suffisamment grande et aussi les Visitor Center ! Mais comme partout : non seulement toutes les semaines nous devons trouver un nouvel endroit, mais en plus, nous devons gérer l’aspect parking. Impossible de garer le van n’importe où – d’autant que la majorité des parkings sont limités à quelques heures seulement – heureusement, il est à peine plus long qu’une voiture normale, ce qui facilite grandement la recherche !

Le décalage horaire doit lui aussi être anticipé. Impossible de dire à un client : « Non désolé, là il est 5h du matin pour moi, rappelez-moi dans 3h » ! Ce qui a été particulièrement cocasse dans notre cas : lors de la traversée, à chaque jour roulé, nous reculions d’une heure ! Nous avons commencé avec 4h de décalage à Terre-Neuve, pour finir avec 9h à Vancouver !

Au début, nous avions un peu peur de l’isolement social. Une des choses les plus importantes pour nous en entreprise, c’est l’ambiance de travail. Le rapport avec les collègues, les partenaires ou les clients. Mais finalement, c’est un peu la même chose : travailler à son compte cela veut aussi dire travailler avec les autres ! Comme la plupart des salariés, le lundi matin nous passons aussi plusieurs heures à traiter nos mails 😉

Donc pour conclure : oui, être digital nomade nécessite vraiment une organisation rigoureuse, mais la liberté offerte le reste de la semaine le vaut largement !

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Vous tenez le webzine « The roadtrippers », quel est le but et votre objectif avec ce webzine ?

Lorsque nous organisions notre roadtrip au Canada, nous avons vraiment eu du mal à trouver des informations techniques sur internet. Comment prévoir son budget ? Où acheter son van ? Comment est-ce que ça se passe niveau assurance ? Le but premier de The roadtrippers était de regrouper toute l’information sur le sujet, pour aider les francophones ayant le même projet que nous. Nous y tenons aussi jour après jour, notre carnet de route au Canada, avec tous les endroits où nous avons dormi.

Et puis nous avons décidé de généraliser notre contenu et les destinations, pour encourager la vie en van et inspirer nos lecteurs. Nous accueillons également des rédacteurs extérieurs souhaitant partager leur expérience sur notre webzine.

En plus de cela, nous recueillons des témoignages, des conseils et des récits d’expérience de roadtrippers venant des quatre coins du monde.

 

Quel est votre parcours en van au Canada ?

Nous sommes partis de Montréal pour rejoindre Vancouver. Mais avant de faire ces 4 000 km de traversée, nous avons passé un peu de temps en Gaspésie, au Nouveau-Brunswick, en Nouvelle-Écosse et à Terre-Neuve.

 

Quel a été votre coup de cœur jusqu’à présent ?

Nous adorons les paysages de lacs et montagnes, donc autant vous dire que les Rocheuses en Colombie-Britannique nous ont vraiment plu ! Cela aurait probablement été notre plus gros coup de cœur, si s’y déplacer et y séjourner avait été plus facile en van.

Autrement, Terre-Neuve sans aucun doute !

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Un petit mot sur Terre-Neuve ? Personnellement, j’aimerais beaucoup partir découvrir ce coin du Canada un de ces jours.

Que dire de Terre-Neuve ? C’est une région incroyable. Certainement bien plus que ça même ! Sauvage, traditionnelle, mystique, inspirante, vivifiante, la liste serait longue si on devait citer tous les adjectifs qui pourraient la décrire. Alors que la côte est déchirée, pelée et parsemée de petites maisons colorées sur pilotis, les terres intérieures, elles, sont recouvertes de pin à l’odeur plus sucrée que jamais.

L’arrivée à Channel-Port aux Basques, après une traversée de 6 heures en ferry, nous a bouche bée. La première impression est celle d’arriver sur une ile épargnée par la modernité. Toujours en van, nous sommes remontés jusqu’au Parc National du Gros Morne – où se succèdent d’imposants fjords à perte de vue. Western Brook Point, le sommet du Gros Morne où encore Norris Point sont des endroits à ne pas louper !

Si vous avez la chance de vous y rendre, et que vous ne devez voir qu’un seul lieu, ce serait sans hésitation le petit village de Rose Blanche !

 

Un prochain voyage en van en préparation pour l’après Canada ?

Notre prochain voyage sera probablement à travers l’Europe ! Prendre le temps pour sillonner ses routes, est également un des rêves que nous partageons Camille et moi.

Cette fois, nous aimerions aussi aménager notre van nous-même. Ce sera probablement un Westfalia. Avoir une décoration et un agencement qui nous ressemble : voilà ce qu’on aimerait la prochaine fois 🙂

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Vous pouvez retrouver les nomades digitaux de « The Roadtrippers » sur le site web, Facebook ou Instagram.