Interview - Cam c'est elle - Youtubeuse expatriée au QuébecCamille est une française vivant à Montréal depuis plusieurs années. Il y a quelques mois, elle a décidé de lancer sa chaîne Youtube « CAM c’est elle » où elle aborde le thème de l’expatriation, de la vie à Montréal, de voyages et de tout ce qui lui passe par la tête. Aujourd’hui, je l’interview pour le blog afin qu’elle puisse partager son expérience de YouTubeuse et d’expatriée.

 

Interview – « Cam c’est elle », une YouTubeuse expatriée au Québec

Depuis quand es-tu expatriée au Québec ?

Je suis arrivée à Montréal le 23 août 2013. Ça fait donc 3 ans et 7 mois !

 

Quelle a été la raison de ton expatriation ? A-t-elle débutée avec un PVT ?

Je suis venue à Montréal en mai 2012 en vacances car j’avais pour projet de m’expatrier en couple et nous voulions découvrir cette ville, la culture et autres, avant de lancer des procédures de résidence permanente.

Je suis de suite tombée en amour avec la ville de Montréal.

Quelques mois après je me suis séparée, j’ai fait une demande de PVT avec ma meilleure amie. Une fois le visa en poche on a fait nos bagages et nous sommes venues !

 

CAM c'est elle - une Youtubeuse expatriée au Québec

 

Que peux-tu nous dire sur ton expérience avec le PVT ?

Concrétiser cette expérience a été l’une des meilleures choses que j’ai faite dans ma vie.
Une semaine après mon arrivée je suis partie en road trip avec des amis que j’avais rencontré pendant ma demande de PVT. Nous arrivions presque tous au même moment et nous voulions découvrir le Canada avant de poser nos valises à Montréal.
Nous sommes donc partis à 5 en bus de Montréal. 60h de bus Greyhound pour aller jusqu’à Calgary… Tout un voyage.

De là nous avons loué une voiture et après avoir visité la ville nous sommes allés dans les rocheuses visiter plusieurs parcs différents, voir pleins de lacs turquoises, on a dormi dans des auberges toutes plus chouettes les unes que les autres ! Un coup sans eau, une autre fois sans électricité et même une qui était un wagon de train.

10 jours de randonnées plus tard on est arrivés à Vancouver, puis retour à Montréal après avoir visité la ville. Ce voyage reste vraiment l’un des plus beaux que j’ai fait.

En revenant à Montréal, mon but était de trouver un emploi dans ma branche afin de pouvoir faire une demande de permis JP (Jeune professionnel) pour pouvoir rester vu que mon PVT n’était que d’un an.

Après deux mois de recherches j’ai trouvé un travail et j’y suis restée pendant 2 ans.

Le reste de mon PVT a été alterné entre travail, weekend à voyager dans le Québec (ou les USA), un jour de l’an à New York, un voyage à Boston, profiter au maximum de Montréal, découvrir le plus de choses possibles et surtout profiter de tout pour ne rien regretter !

 

Pourquoi Montréal plutôt qu’une autre ville canadienne ?

Je suis une personne très timide, et sortir de ma zone de confort me demande un gros effort.
Je voulais découvrir un autre coin du monde, j’avais envie de découvrir ce pays, mais je ne voulais pas spécialement aller dans une ville anglophone et être trop perdue.
Ma première visite à Montréal un an plus tôt m’avait conforté dans l’idée que c’était LA ville qu’il me fallait pour être bien. Et ça je l’ai su très très vite.
L’ouverture d’esprit des gens, le coté multiculturel, les parcs partout, les activités toutes l’année, les festivals, l’ambiance de la ville etc. C’était fait pour moi.

Je ne me suis jamais sentie aussi bien dans un endroit qu’en vivant ici et c’est quelque chose qui fait vraiment apaisant et agréable !

 

CAM c'est elle - Youtubeuse expatriée au Québec

 

Qu’as-tu fait après le PVT pour pouvoir rester au Canada ?

Alors comme je l’ai dit, j’ai trouvé une entreprise dans mon domaine professionnel (je suis monteuse vidéo) qui m’a embauché et qui à la fin de mon PVT a fait les démarches pour que je puisse faire un permis JP chez eux ce qui m’a donné 18 mois supplémentaire après mon année de PVT.

Dès que j’ai eu un an d’ancienneté dans l’entreprise j’ai pu faire une demande de résidence via le PEQ. Et moins d’un an après avoir déposé ma demande je l’ai obtenu.

 

Quand et comment t’es venue l’idée de faire des vidéos sur ton expatriation ?

Quand il y a eu les attentats du Bataclan en France j’étais à Montréal, j’avais des amis et de la famille à Paris. J’ai eu pendant ce weekend là le moral dans les chaussettes.

Beaucoup pensent que lorsque l’on est loin on se sent moins touché par ce qui se passe dans son pays natal mais pour moi c’est l’inverse !

J’avais envie de savoir que mes proches allaient bien, d’être avec eux.

Et la seule chose qui m’a fait du bien à ce moment là a été de regarder les vidéos d’un youtubeur québécois que j’aime beaucoup et qui s’appelle PL Cloutier.
Il m’a aidé sans le savoir et ça m’a donné envie de faire la même chose pour d’autres.

Au début j’ai eu envie de faire des vidéos pour aider les gens, les faire sourire, apporter un peu de joie (ou du moins essayer).
Je ne savais pas trop quoi aborder comme sujets. Je savais que je voulais parler de Montréal, des anglicismes, de la vie ici mais je n’avais pas forcément prévu de parler autant d’expatriation.
Je n’ai pas spécialement de sujet de prédilection mais l’expatriation est quelque chose que je connais bien car je vis ça depuis des années et je voulais aider d’autres à franchir le pas, à faire en sorte qu’en arrivant dans un nouveau pays ils ne soient pas perdus.

Et au milieu des vidéos sur l’expatriation je place une grosse dose d’humour et de maladresse involontaire en parlant de ma vie, en cuisinant, en bricolant, en essayant de faire du sport ou en parlant de la perte de mes 20 km.
Je parle d’expatriation mais je ne veux pas me cantonner juste à ça.
J’aborde chaque sujet qui me passe par la tête, qui m’inspire et qui me plait !

 

Ton succès est grandissant. Désormais plus de 6000 abonnés sur YouTube. Comment le vis-tu ?

Je le vis sans le vivre car ça ne change strictement rien pour moi.

Je suis seule dans ma chambre à me filmer chaque semaine et je ne vois pas les gens regarder mes vidéos. Donc en dehors du fait que l’on m’ait reconnu quelques fois dans la rue, rien du tout ne change.

Avoir ce nombre me paraît tout petit quand je pense aux gros youtubeurs qui en ont des centaines de milliers ou des millions. Mais d’un autre côté il me paraît énorme quand je me dis qu’il y a plus de 6000 personnes qui estiment que je ce que je produis chaque semaine est assez bon pour être suivi.

Voir que les gens s’abonnent, commentent, likent, m’envoient des messages ou mails d’encouragement est ce qui me motive le plus à continuer.

Et chaque semaine au moment de cliquer sur « publier » je suis à la fois excitée et intimidée à l’idée que les gens n’aiment pas.

Tout cela me pousse chaque semaine à faire quelque chose de bien, que j’aime et qui me ressemble.

 

Quelle vidéo as-tu préféré tourner ?

Assurément ce n’est pas celle sur les 7 min de sport vu les courbatures que j’ai eu le lendemain et encore moins celle où je mange avec ma coloc du durian qui est le pire fruit que j’ai mangé.

Dur d’en donner une seule. Il y a tellement de styles ou sujets différents.

Je n’avais pas du tout prévu à la base de faire des vlogs mais finalement c’est un format que j’adore faire. Ça me permet de pouvoir montrer aux gens concrètement des coins de la ville que j’aime, des activités, des voyages, des restaurants etc.

J’aime cuisiner, bricoler et même si c’est en général plus compliqué à faire que ce à quoi je m’attends je trouve ça toujours vraiment chouette à faire.

Mais ma préférée est peut-être celle où je donne mes 20 conseils d’expat car elle est importante à mes yeux et je me dis que j’aurai aimé entendre ça avant de sauter le pas. Ou alors la vidéo « vivre à Montréal c’est… » car j’adore cette ville (NDLR : Les deux vidéos sont à retrouver dans le bas de l’article).

 

De quoi t’inspires-tu pour écrire tes vidéos ?

De ma vie, mon quotidien, ce qui me passe par la tête, des questions que l’on me pose.

J’écris mes vidéos au compte goutte. Il est très rare que j’ai de l’avance et qu’une vidéo soit écrite deux jours avant que je la tourne. J’ai tendance à penser au sujet un long moment dans ma tête, puis tout écrire d’un coup et filmer dans l’après-midi.

 

CAM c'est elle - Youtubeuse expatriée au Québec

 

Avons-nous droit à une petite exclu sur ta prochaine vidéo sur le Québec ?

Alors ce n’est pas forcément une exclue pour ma prochaine vidéo car je ne suis pas encore certaine du sujet de la semaine. Mais je peux dire que j’ai une amie en vacances en ce moment chez moi, donc nous prévoyons un petit road-trip dans le Québec donc des vlogs dans d’autres villes vont arriver.

 

Oh tiens et quelle est ton expression québécoise favorite ?

Je pense que c’est probablement « tu me niaises tu ? » vu mon côté naïf à croire tout ce que l’on me dit. Ou alors juste le fait d’ajouter « tu » à la fin d’une question… Je le fais de plus en plus et sans m’en rentre compte… « ça c’peux tu ? », « t’en veux tu ? ».

 

 

Tes meilleurs conseils d’expats canadienne ?

J’ai fait une vidéo qui regroupe mes 20 conseils d’expat et qui sont à mes yeux les plus importants.

Mais le meilleur des meilleurs c’est « faites le ».

Sautez le pas et arrêtez d’écouter ceux qui vont essayer de vous démotiver, vous faire rester. Si vous avez ce projet il faut aller jusqu’au bout afin de ne rien regretter. Laissez les regrets pour ceux qui n’auront pas osé tenter l’expérience.

 

Pas trop difficile l’hiver québécois ?

Non du tout. C’est certain qu’à -40°C on a pas trop de fun à être dehors mais j’ai toujours adoré la neige donc j’adore l’hiver ici et j’ai eu plus froid en rentrant un hiver en France qu’en étant à Montréal. Il y a toujours un trucs à faire, à voir donc on s’habille chaudement et on va en profiter.

En France le froid est humide alors qu’ici c’est un froid sec donc on le ressent moins corporellement parlant. Et il faut bien avouer que lorsque l’on voit tomber 50 cm de neige on fait totalement abstraction de tout ça et on retombe en enfance !

 

CAM c'est elle - Youtubeuse expatriée au Québec

 

Combien de temps penses-tu rester à Montréal ? Penses-tu à poursuivre vers un autre PVT ou t’expatrier ailleurs ?

Aucune idée de ce que la vie va me réserver mais pour le moment je suis bien ici. Ma vie est ici mais je me dis qu’un jour j’aurai peut-être envie de me rapprocher de ma famille, de mes parents qui même si ils sont encore en pleine forme vieillissent petit à petit. Mais pour le moment je n’ai pas du tout l’intention de rentrer. Je préfère qu’ils viennent eux et que je leur fasse découvrir ce magnifique pays.

Et sinon je ne pense pas un jour faire un autre PVT. J’ai fait celui-ci car je voulais vivre ici mais je ne me vois pas aller ailleurs pour une longue période.

Des vacances oui avec plaisir mais c’est tout.

 

Merci Camille pour avoir prit le temps de répondre à cette interview. Je te souhaite de futures bonnes aventures et expériences dans ta vie d’expatriée.

Vous pouvez la suivre sur Facebook, Instagram et YouTube.

 

Si vous ne connaissez pas encore « Cam c’est elle », je vous invite à découvrir notamment les deux vidéos suivantes :